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À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : paternalisme

À bas Saint-Nicolas et Zwarte Piet : paternalisme

L’évêque généreux et le joyeux Zwarte Piet dissimulent une sinistre vérité historique. Cela leur est bien égal, parce qu’ils reposent entièrement sur le mensonge. Ici, on joue une pièce de théâtre dans laquelle on fait croire aux plus petits que tout cela est réel. Cela s’enfonce ainsi plus profondément encore dans les âmes inexpérimentées des enfants et s’installe au plus profond de leur inconscient. Plus tard, on pourra y repenser avec nostalgie.

Cela ne le rend pas innocent pour autant. Que ce soit précisément un évêque qui apporte les jouets, les taaitaai et les pepernoten ne peut pas être simplement considéré comme un vestige sympathique du bon vieux temps. Au fond, il s’agit d’une propagande en faveur d’une vision du monde dans laquelle une élite repue et lubrique était grassement payée pour agiter de temps à autre un encensoir, étouffer les scandales de pédophilie et asservir spirituellement le peuple.

Présenter Saint-Nicolas comme l’ami festif des enfants, en habit d’évêque, avec des bambins sur les genoux, constitue une gifle infligée à toutes les victimes d’abus sexuels sur enfants, du fait des prêtres et des prélats de tous les pays catholiques qui restent impunis et peuvent poursuivre tranquillement leurs pratiques éhontées, puisque ces seigneurs sont placés au-dessus de la loi et peuvent faire ce qui leur plaît, même lorsque cela a des effets funestes sur leurs victimes.

Le sauf-conduit accordé aux scélérats pédophiles continue imperturbablement et cela ne s’arrête jamais. J’ajouterai encore qu’il s’agit d’un bastion masculin. Toute l’Église d’une part et, d’autre part, le spectacle de Saint-Nicolas. Dans ce monde, les femmes n’existent pas. Zwarte Piet est visible et peut encore participer, quoique seulement sous la forme d’un personnage caricatural asservi, mais pour les filles, il n’y a absolument aucune place dans l’Église follement joyeuse du Saint.

Il n’existe ni Saint-Nicolas féminin ni Zwarte Piet féminin. Il y a bien des femmes qui assument ce rôle, mais elles jouent alors, en réalité, le rôle d’un homme. Pour les filles, aucune perspective de prendre un jour la place de cet homme aux cheveux longs, aux gants blancs et à la bague ornée d’un rubis étincelant.

C’est un aspect de la question qui est trop peu abordé : en matière d’égalité des sexes également, tout est de travers. Zwarte Piet n’est certainement pas le seul problème. La question centrale, c’est Saint-Nicolas lui-même. Même s’il porte une robe et les cheveux longs, il est indéniablement masculin, comme le montrent sa barbe et sa moustache. Suivi de personnages grotesques en costume de clown qui accomplissent les tâches manuelles.


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