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Carnaval d’Alost : conclusion

Carnaval d’Alost : conclusion

Il y a tout simplement des gens qui ne peuvent pas rire de tout et qui éprouvent néanmoins des réserves lorsqu’un peuple frère, qui a survécu à un extermination de masse, est pris pour cible. Je trouve que l’humilité et le respect sont davantage de mise que l’hilarité débridée du carnaval d’Alost.

Dans notre pays, notre opinion à ce sujet ne nous rend pas populaires, mais qu’à cela ne tienne. Il y a des choses dont on ne plaisante pas. Je le regrette, mais c’est ainsi. Nous ne rions pas de ceux qui ne peuvent pas se défendre, comme les personnes handicapées ou les étrangers qui cherchent leur chemin. Nous ne rions pas non plus des victimes du massacre d’un peuple.

Le rire a lui aussi ses limites. On peut rire d’un bambin qui tombe, mais il ne faut tout de même pas se moquer de lui, car cela ne l’aidera pas à aller mieux. Il existe quelque part une frontière entre rire et se moquer, que nous ne devons pas franchir, car la plaisanterie devient alors blessante. C’est une belle règle générale que nous voudrions ici appliquer spécifiquement aussi aux survivants de l’Holocauste.

C’est à peu près la seule restriction ciblée à la liberté d’expression que connaisse la loi, et je m’y soumets donc, aussi profondément que je puisse vivre, honorer et défendre cette liberté. La loi est le fondement de l’État de droit et elle est elle-même élaborée démocratiquement dans les différents pays, mais aussi au niveau européen et international.

Personnellement, je trouve que l’interdiction de nier l’Holocauste est une bonne loi, mais même si je ne le pensais pas, je devrais néanmoins, en tant que démocrate, l’accepter. La question n’est donc pas tant de savoir qui est autorisé à se sentir blessé, mais surtout de savoir si la loi est respectée. À cet égard, la politique d’Alost, en ce qui me concerne, a échoué par son obstination même.

Je ne dis pas pour autant qu’il aurait fallu engager des poursuites. Il existe maintenant un rapport décevant d’UNIA, l’organisation qui s’occupe du racisme en Belgique, qui, à mon avis, manque de fermeté quant à l’application de la loi sur le génocide. Je reste sur ma faim à cet égard, mais, pour conclure, ils appellent au dialogue, et je suis, quant à moi, toujours favorable au dialogue. Je vais donc laisser cette affaire reposer, même si je garde un sentiment d’insatisfaction.


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