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Addiction : cycle de l’angoisse

Addiction : cycle de l’angoisse

Il s’agit parfois d’un cycle de l’angoisse, notamment avec les substances destinées à combattre l’anxiété, comme l’alcool et les benzodiazépines. Le grand inconvénient de ces substances est qu’elles provoquent un effet rebond. Cela signifie qu’après leur utilisation, lorsque leur influence diminue, les angoisses reviennent avec une intensité double.

Cet effet favorise fortement la dépendance. L’angoisse est l’un des grands moteurs de la consommation. Cela a toujours existé, même si l’on observe dans notre société moderne un éventail de comportements beaucoup plus diversifié que dans la société traditionnelle que j’ai encore connue dans mon enfance. Les formes peuvent donc être nouvelles, mais dans son essence, la recherche de moyens permettant de maîtriser l’angoisse est une constante de toutes les époques.

Or l’angoisse est une émotion nécessaire, qui nous protège contre toutes sortes de dangers, mais elle doit rester maîtrisable, ce qui n’est pas toujours le cas. Les crises d’angoisse, les attaques de panique et autres manifestations explosives entraînent une perte de contrôle, qui en elle-même attise encore l’angoisse, puisque le propre corps ne semble plus obéir.

On finit donc tôt ou tard par entrer en contact avec une substance qui semble mettre radicalement fin à ces angoisses qui tourmentent l’âme, et l’on se sent exalté et soulagé, si bien que l’on recommence à en prendre. Tant que cela reste occasionnel et ne s’accompagne pas de la consommation de plusieurs substances, il n’y a guère de problème. Une consommation occasionnelle peut même aider, dans une situation d’urgence, à se détendre de temps à autre et à relâcher la pression.

Mais dès que la consommation devient quotidienne, on entre dans une autre situation, où l’on a l’impression que la substance prend peu à peu le dessus. Le comportement et le monde émotionnel en subissent les répercussions et, bientôt, tout risque de s’organiser autour du cycle de la consommation, si l’on n’y prend pas garde.

Le cycle de l’angoisse peut également se traduire par un cycle de culpabilité. De nombreux consommateurs éprouvent, dans une certaine mesure, de la culpabilité à l’égard de leur consommation. Ils ressentent un sentiment d’échec et d’insuccès et se reprochent des choses du passé, ce qu’ils auraient dû faire ou ne pas faire, à certains moments précis. Lorsque la dose suivante commence à agir, ils sont momentanément libérés de ces sentiments de culpabilité.

Le sentiment de culpabilité et le désir impérieux de consommer vont de pair. Si tel est le cas, il est important de le reconnaître, car si l’on parvient à réduire les sentiments de culpabilité, la consommation diminuera elle aussi.


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