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Addiction : soulagement de la douleur

Addiction : soulagement de la douleur

Bien qu’il s’agisse en réalité de la même action pharmaceutique, nous porterons un jugement différent sur ceux qui prennent des médicaments sur prescription médicale et sur ceux pour lesquels aucune indication médicale ne justifie un traitement. Cette frontière n’est toutefois pas si facile à tracer. Surtout lorsqu’il s’agit de souffrance psychique, par exemple lors de conflits familiaux ou à cause d’un mauvais partenaire.

Très souvent, des substances narcotiques sont utilisées pour apaiser une souffrance psychique, par exemple lorsqu’un processus de deuil s’est enlisé, ou en présence d’un profond sentiment de culpabilité lié à des événements du passé. Pour compliquer encore les choses, les complexes de culpabilité peuvent prendre la forme de syndromes douloureux.

Ces personnes se promènent souvent avec un secret qu’elles ne peuvent révéler et qui leur pèse. Plus d’une fois, on verra qu’au cours du processus thérapeutique le moment devient venu de faire sortir ce secret, dans un climat de confidentialité et sous le sceau du secret professionnel. Il se peut que les choses aillent mieux par la suite, mais la rupture du secret est en elle-même douloureuse, ce qui explique qu’elle puisse susciter de la crainte.

Il faut alors attendre que le moment soit venu. On ne peut pas forcer les choses. Nous sommes parfois tentés de donner un petit coup de pouce au processus, mais il ne faut pas trop le faire, car on ne peut généralement pas accélérer de manière significative un processus de maturation. C’est déjà beaucoup si nous parvenons à éliminer les obstacles. Ceux-ci seront de toute façon différents selon les cas. La base du travail thérapeutique est la relation particulière qui s’établit entre le demandeur d’aide et celui qui l’accompagne, du moins dans les cas favorables.

On peut peut-être un jour oublier la douleur, mais jamais le souvenir. Celui-ci demeure toujours. C’est la vérité amère pour les personnes qui portent en elles la douleur du souvenir. Certaines tombent dans le piège d’un produit capable de provoquer l’oubli ou du moins de susciter une forme de pardon de soi, et cela en quelques minutes.

On peut donc essayer, et cela fonctionne peut-être pendant un certain temps, mais il arrive forcément un moment de désillusion lorsque l’on constate que l’effet n’est chaque fois que temporaire. La quête de l’oubli est, en principe, vouée à l’échec, mais il existe d’autres manières de composer avec elle. On peut, par exemple, essayer d’éviter à d’autres de subir une injustice similaire. Cela exige une décision qui engage toute une vie.


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