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Addiction : cycle

Addiction : cycle

La consommation n’est pas dépourvue de signification affective pour celui qui consomme. Peut-être que certains ne s’en soucient guère, mais beaucoup, tout de même, y sont sensibles. La plupart ne sont probablement pas très fiers de leur habitude, qu’il s’agisse de boire ou d’avaler, de s’injecter une substance ou de fumer. Ils en ont honte ou se sentent coupables de leur incapacité à arrêter cette consommation ou à la ramener à un niveau supportable.

Les sentiments de culpabilité aiment rester cachés et secrets. Chaque jour, on retrouve la même évolution faite de remords et d’angoisse, qui commence parfois dès le matin au réveil, lorsqu’on est encore plus ou moins sobre. Un mélange d’auto-reproches face à l’échec, de rancœur envers les occasions manquées ou de honte lancinante.

Il peut s’agir d’événements douloureux du passé dont les images continuent de revenir, comme une perte ou un drame. Il s’agit très souvent de questions affectives liées aux relations avec les parents et les enfants, ou avec les partenaires et les ex-partenaires.

L’insoutenable légèreté de l’existence. Le mécontentement et la rancœur, ou l’ennui, augmentent progressivement au fil de la journée, jusqu’au moment où la substance peut être prise, bue ou avalée, après quoi une atmosphère artificielle de détente et de réconfort s’installe très rapidement, rendant l’environnement et le temps acceptables.

Le matin, on se dit : « Cette fois, il faut que cela s’arrête. » Mais le soir venu, l’auto-accusation s’est tellement amplifiée qu’une nouvelle dose devient nécessaire pour faire disparaître l’angoisse et apaiser les sentiments de culpabilité, afin que tout cela devienne quelque peu supportable. Dans la véritable addiction, ce cycle finit par dominer la vie, au point de devenir finalement une force de restriction.

Pour en sortir, il faut, à un moment donné, lorsque l’on est prêt, dire que cela suffit. Il doit bien rester quelque part une petite étincelle de volonté capable de redonner vie à votre existence. Cherchez alors quelqu’un qui puisse vous écouter sans vous juger et, si vous ne le trouvez pas immédiatement, adressez-vous aux services d’aide.

Il arrive un moment où cela suffit, lorsque l’abcès crève et que la conclusion devient inéluctable. Arrêter est alors plus facile à dire qu’à faire, car il faut redouter toutes sortes de symptômes de sevrage, auxquels on peut, le cas échéant, échapper en réduisant progressivement la dose.


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