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Addiction : la confiance

Addiction : la confiance

Si une confiance sans limites ne s’instaure pas des deux côtés, le risque est grand que l’on poursuive la démarche sur la base de la méfiance. Tôt ou tard, cela tournera mal et le travail thérapeutique ne portera pas les fruits espérés. Il faut s’accepter mutuellement. C’est là que tout commence et c’est sur cette base qu’il faut travailler. Avec certains, cela ne fonctionne pas en raison d’une antipathie personnelle, mais ces cas sont rares. En principe, j’accepte tout le monde.

La consultation est toujours une rencontre entre deux personnes qui essaient de se comprendre autour d’une question généralement très concrète. Mais derrière chaque question concrète s’en cache une autre, qui reste provisoirement inexprimée. On ne la découvre qu’en poursuivant ensemble le chemin, ce qui signifie que l’on parcourt ensemble un bout de route, comme deux compagnons de randonnée.

Chaque nouvelle consultation ajoute un nouveau morceau à cette histoire. C’est ainsi que l’on découvre encore quelque chose, à condition d’écouter le récit sans jamais porter de jugement. L’oreille du médecin généraliste doit toujours se mettre à l’écoute. C’est la base du métier. Beaucoup de gens n’ont pas l’habitude qu’on les écoute. Cela les surprend un peu, mais dès qu’ils comprennent qu’ils en ont le droit et que c’est possible, ils en font usage à leur manière.

Cela ne concerne évidemment pas uniquement les usagers, mais aussi beaucoup d’autres personnes qui demandent de l’aide et qui viennent souvent de situations difficiles. La problématique de la dépendance s’inscrit toujours dans une histoire plus vaste et elle n’est pas aussi exceptionnelle que beaucoup le pensent. Il y a peut-être d’anciennes blessures qui ne se sont jamais refermées. Il y a peut-être aussi un trouble psychiatrique qui n’a pas encore été diagnostiqué.

Il faut essayer de démêler tout cela, afin de rechercher des points d’appui sur lesquels on puisse agir pour améliorer la situation. Sans porter de jugement et en tenant compte des limites et des aptitudes, qui sont chaque fois différentes.

La consommation chronique dissimule très souvent un trouble psychiatrique ou un autre. En tant que médecin généraliste, je peux alors aussi chausser les lunettes de la psychiatrie, lorsqu’il apparaît qu’il y a davantage en jeu qu’une simple consommation de substances. Des traumatismes du passé, par exemple, mais il existe aussi des maladies cérébrales qui, en elles-mêmes, n’ont rien à voir avec des traumatismes.

On peut citer un certain nombre de troubles avec lesquels on naît et qui peuvent jouer un rôle important dans l’apparition et la persistance de la consommation.


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