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Addiction : névrose ou psychose

Addiction : névrose ou psychose

Les idiots nuisibles, en revanche, sont d’une simplicité désarmante, mais ils sont souvent, dans la pratique, très difficiles à gérer. Ce sont ceux qui n’écoutent pas, qui ne cherchent pas à changer et qui portent sur tout un jugement dédaigneux. Ils préfèrent continuer leurs habitudes et ne souhaitent pas en parler.

Ils tiennent souvent les autres pour responsables de leurs maux et surtout ne veulent rien faire pour eux-mêmes. En tant que médecin généraliste, il faut donc aussi respecter cela. Il faut toujours y voir quelque chose de positif. C’est une règle d’or, je puis bien le dire. Toujours regarder les éléments favorables qui, malgré tout, sont toujours présents.

Il faut parfois chercher longtemps, du moins dans les cas extrêmes. Avec certains, le contact est déjà difficile. Pourtant, nous devons essayer de ne pas porter de jugement. Si des personnes, à leur manière, aussi étrange soit-elle, mènent leur vie de façon autonome et indépendante, personne ne devrait porter de jugement là-dessus. Ceux qui sont confrontés à des difficultés, nous ne devons pas les enfoncer davantage en leur faisant la morale.

Dans l’immense majorité des cas, même après un événement difficile, un processus d’élaboration se mettra rapidement en place et la personne s’en sortira d’une manière ou d’une autre. Si ce processus se déroule avec une particulière difficulté, si rien n’avance ou si des complications apparaissent, je cherche rapidement, en tant que médecin généraliste, à savoir si une névrose ou une psychose est à l’œuvre. Pour moi, cela a une grande importance pratique, car la prise en charge qui en découle est différente.

Par névrose, j’entends tous les dommages psychiques accumulés au cours de la vie et qui nécessitent un travail d’élaboration. Je m’écarte ainsi quelque peu de la définition habituellement employée, afin de présenter les choses simplement. La névrose est un trouble psychique qui peut s’accompagner de symptômes gênants tels que l’anxiété, la dépression ou des manifestations obsessionnelles, mais sans perte du sens de la réalité, car dans ce cas, il s’agit d’une psychose.

Le névrosé trouve ce qu’il pense ou fait quelque peu étrange, mais conserve son regard sur la réalité, alors que, dans une psychose, le contact avec la réalité se perd progressivement, par phases. Le psychotique vit quelque chose que son entourage ne peut pas suivre : le délire. C’est de là que vient le mot « folie ».

Dans l’ancienne conception, est fou celui qui se trouve dans un délire, en proie à une illusion, une chimère, une représentation déformée ou une conception sans fondement.


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