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Addiction : antidépresseurs

Addiction : antidépresseurs

« L’Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde » est une nouvelle gothique de l’Écossais Robert Louis Stevenson, parue en 1886. L’histoire a connu plusieurs adaptations cinématographiques, parce qu’elle parle à beaucoup de gens. Il s’agit de quelqu’un dont la personnalité change totalement sous l’influence d’une substance chimique, avec une perte de mémoire de ce qui se passe sous son emprise.

C’est ce que l’on observe aussi chez des personnes qui mélangent benzodiazépines et alcool et se mettent alors à faire des choses insensées dont elles ne se souviennent plus par la suite. Certaines substances peuvent bel et bien mettre l’esprit sens dessus dessous. Je me suis rendu compte plus tard dans ma carrière, et c’est l’autre côté de la médaille, qu’il existe réellement des situations cliniques dans lesquelles une approche médicamenteuse est à ce point utile et efficace que ne pas la prescrire constituerait une faute professionnelle.

Nous ne parlons pas ici d’un simple coup de déprime qui peut arriver à tout le monde, mais lorsqu’on se trouve pendant des semaines ou des mois dans un état de découragement insurmontable qui empoisonne la vie et aigrit les relations avec les autres, il peut arriver un moment où l’on se demande : n’y a-t-il donc rien à faire ?

Mais si, il y a quelque chose à faire. Consultez votre médecin généraliste ou appelez une ligne d’aide. Lorsque la dépression devient un cercle vicieux qui s’entretient de lui-même et dont on ne parvient plus à sortir par ses propres moyens, une simple pilule par jour, choisie avec discernement, peut parfois faire toute la différence. On peut alors retrouver assez de forces pour défendre ses propres intérêts et reprendre sa place.

La dépression est due à un métabolisme défectueux dans le cerveau. Les cellules nerveuses communiquent entre elles en échangeant des substances. Ce n’est pas si mystérieux. La médecine moderne dispose de moyens capables d’intervenir sur ce mécanisme. Cela ne signifie pas que vous allez vous mettre à gambader joyeusement dans les couloirs, car malheureusement, ce n’est généralement pas ce qui se produit. Mais on peut tout de même améliorer de manière significative la qualité de vie et l’autonomie.

Cela ne réussit pas toujours du premier coup et il faut parfois chercher la substance adéquate au meilleur dosage. Il viendra plus tard un moment où l’on pourra remettre ce traitement en question. Très souvent, on verra alors le patient se demander à un moment donné : pourquoi continuerais-je à le prendre ? Supposons que les facteurs exogènes aient disparu et que le bateau soit arrivé dans des eaux plus calmes.


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