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Addiction : mortalité

Addiction : mortalité

Une overdose est en réalité une intoxication que l’usager s’inflige à lui-même. Dans soixante-dix pour cent des cas, elle est due à un opiacé délivré sur ordonnance ou illégal. En Europe, en 2017, 22,6 personnes par million d’habitants sont mortes en moyenne d’une overdose de drogue. La Belgique s’en sort relativement bien en comparaison, avec moins de 10 décès par overdose par million d’habitants en moyenne en 2017.

Le nombre de décès dus aux overdoses ne constitue évidemment qu’un aspect de la mortalité provoquée par les opiacés. Il faut également y ajouter la violence, à laquelle les usagers sont davantage exposés que les autres, ou encore les septicémies dues aux abcès provoqués par les injections, et bien sûr les maladies infectieuses telles que le sida et les hépatites B et C.

La question est également de savoir dans quelle mesure les données sont correctement rapportées. La déclaration des causes de décès est curieusement imprécise, parce que les médecins appliquent différents critères lorsqu’ils remplissent les certificats de décès. La seule chose dont nous soyons certains, c’est que tous ces chiffres constituent une grossière sous-estimation.

Depuis 2014, l’espérance de vie aux États-Unis n’augmente plus, notamment en raison de la hausse du nombre d’overdoses mortelles. Dans cette grande catastrophe, la responsabilité incombe non seulement aux responsables politiques, mais aussi à l’industrie et, en fin de compte, au corps médical.

Aux États-Unis, les autorités ont ensuite choisi d’imposer des quotas de production à l’industrie, en fixant un plafond à ce que les entreprises pouvaient mettre sur le marché. La frontière entre le marché légal et le marché criminel est cependant poreuse et il s’agit d’un système de vases communicants. Lorsqu’un produit pharmaceutique devient plus rare et donc plus cher, un autre devient à son tour meilleur marché.

C’est un cercle vicieux. Les chiffres donnent le vertige. Environ 92 millions d’Américains, soit près de 40 % de la population, ont utilisé des opioïdes sur ordonnance en 2014. C’est beaucoup, à mon sens. On estime qu’un quart des patients souffrant de douleurs chroniques font un usage abusif de l’opiacé qui leur est prescrit. Un sur dix devient dépendant.

Il est particulièrement inquiétant de constater que quatre-vingts pour cent des personnes dépendantes à l’héroïne déclarent avoir commencé par des médicaments délivrés sur ordonnance, avant de passer à l’héroïne lorsqu’elles n’ont plus pu s’en procurer.


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