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Addiction : première ligne

Addiction : première ligne

J’ai toujours travaillé pour un public très large, sans exclure personne. Au cours de toutes ces années, j’ai pris en charge un nombre respectable d’usagers de substances, mais ceux-ci n’ont jamais constitué la majorité de ma patientèle. J’ai toujours été partisan d’intégrer autant que possible les soins aux personnes dépendantes dans les soins de santé généraux, et de ne pas créer de ghettos dans le domaine des soins sous prétexte d’« institutions spécialisées ».

Ces dernières ont certes une mission et une place, mais elles ne seront jamais en mesure, en termes quantitatifs, de prendre en charge le nombre d’usagers concernés. Moyennant une formation et un accompagnement adéquats, les soins de santé de première ligne offrent beaucoup de possibilités pour accueillir les usagers de substances et les personnes confrontées à une addiction. Allez donc voir votre médecin généraliste si vous avez un problème d’addiction ! Pourquoi pas ? Vous avez autant droit aux soins que tous les autres, avec vos propres limitations et vos propres besoins.

Lorsque la consommation commence à poser problème, une prise en charge peut aider, et celle-ci commence chez le médecin généraliste. Il existe bien entendu aussi une vaste offre d’autres disciplines et approches. Après tout, cette problématique est loin d’être rare et touche de nombreux foyers. On s’en rend compte lorsqu’on tient un cabinet de médecine générale dans les villes et dans leurs périphéries.

Cela représente à peu près toute la Flandre, et aux Pays-Bas toute la Randstad, plus quelques autres villes. La Suburbia au bord des fleuves. Il n’en va pas autrement dans les pays voisins. Dans la zone crépusculaire de la société vit une sorte de bête dangereuse dont nous ne parvenons pas à nous débarrasser. Depuis le milieu du XXe siècle, elle n’a fait que croître, quoi que nous ayons tenté.

Tout le monde est un jour ou l’autre confronté à l’usage de substances. Combien de personnes ne boivent pas de café ou de thé ? Ce n’est pas que cela soit mauvais, mais c’est bien un usage de substances, parfaitement accepté. Et pourtant, on voit apparaître des addictions : l’interruption de la consommation provoque des symptômes de sevrage. Et cela conduit à son tour à la poursuite du comportement. C’est la définition d’une addiction.

Les substances qui causent le plus de problèmes sont les moins réglementées. Nous pouvons ainsi constater que l’alcool et la nicotine sont légalement disponibles partout. Ils sont certes soumis à certaines restrictions, comme l’interdiction de vente aux mineurs et la perception de droits d’accise, de sorte que l’État, et donc nous tous, en tirons également des revenus.


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