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Addiction : usage problématique

Addiction : usage problématique

Le public qui fait appel à nos services est très varié : toutes les couleurs de peau, toutes les langues et toutes les nationalités y sont représentées. La plupart doivent vivre avec de faibles revenus, même si nous voyons aussi des eurocrates et d’autres personnes occupant des emplois bien rémunérés. Tout le monde est le bienvenu et chacun est considéré comme l’égal des autres.

En tant que médecin généraliste, j’ai accueilli et reçu en consultation, en première ligne, un grand nombre d’usagers d’héroïne. Cela s’est révélé être l’une des expériences les plus passionnantes de ma vie. Je dois reconnaître que j’ai beaucoup appris d’eux et que j’ai dû revoir certaines des positions que j’avais adoptées. J’ai moi aussi longtemps été encombré de préjugés et de conceptions erronées que j’avais en partie acquises durant ma formation médicale.

Nous constatons énormément d’ignorance et tous les problèmes de santé qui en découlent, notamment en matière de santé mentale. L’usage de substances et l’addiction sont très répandus en ville et entraînent toutes sortes de risques et de complications. La propagation du sida et de l’hépatite, par exemple, mais aussi les abcès liés aux injections, la malnutrition, les problèmes dentaires et le poumon du fumeur, parfois dans des proportions préoccupantes.

L’usage de substances dans le circuit illégal pèse parfois lourdement sur le budget familial et fait obstacle à l’intégration sociale. L’usager peut se retrouver soudainement confronté à l’appareil répressif de la police et de la justice. Il peut subir un rejet social, ainsi que d’autres facteurs conduisant à la marginalisation, surtout lorsqu’il existe également une souffrance psychique sous-jacente.

Trouver son chemin vers une prise en charge adaptée ne va pas toujours de soi. Il faut tout de même rester un peu sur ses gardes, car lorsque l’on aborde l’usage de substances et l’addiction dans le monde médical, l’accueil n’est pas toujours chaleureux, ni partout. Les préjugés sont encore très présents, y compris chez les médecins. Il ne devrait pas être permis que ces conceptions erronées viennent encore aggraver la souffrance des personnes concernées, mais malheureusement, cela arrive encore.

La consommation d’héroïne est interdite, et pourtant certaines personnes en consomment. On ne peut vraiment pas toutes les enfermer dans une institution ou en prison. Nous ne pouvons pas nous montrer réticents lorsqu’elles font appel à nos services pour toutes sortes de problèmes, même lorsque leurs plaintes sont la conséquence de leur consommation de drogues. C’est le dilemme auquel j’ai été confronté lorsque j’ai repris, en 1993, un cabinet de médecine générale moribond, après avoir passé quelques années dans la prévention et la prise en charge du sida, et avoir également travaillé pour l’industrie pharmaceutique.


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