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Interview de l’expert en Addiction Paul Van Deun : deuxième partie

Interview de l’expert en Addiction Paul Van Deun : deuxième partie

Paul Van Deun est psychologue ambulatoire et spécialiste de l’Addiction. Nous avons eu un entretien avec lui. Aujourd’hui, deuxième partie.

Arrêter de consommer n’est évidemment pas facile. L’Addiction n’est-elle pas malgré tout un mécanisme important de coping ?

« J’en doute. Pour moi, le fait de boire comme mécanisme de coping explique pourquoi certaines personnes consomment certains produits plus souvent que d’autres, mais pas pourquoi elles continuent à en consommer. Si elles ont appris à s’en servir comme mécanisme de coping, cela signifie que cela leur a apporté quelque chose. Mais elles devraient alors pouvoir rapidement désapprendre ce comportement dès lors que la consommation commence surtout à produire des effets négatifs. Pourtant, ces personnes continuent à consommer. Je constate qu’au fil du temps, la consommation de substances devient un mécanisme qui incite à boire ou à fumer toujours davantage, par exemple. »

Quels sont les principaux obstacles auxquels les personnes qui demandent de l’aide sont confrontées lorsqu’elles viennent en thérapie chez vous ?

« Un premier obstacle est qu’elles attribuent leur comportement à leur propre responsabilité. « J’ai commencé à boire et maintenant je dois bien réussir à m’en débarrasser. » Elles considèrent cela uniquement comme une question de volonté. Un autre obstacle est que les gens se sentent tellement impuissants face à cette envie de consommer qu’ils ne croient pas qu’une simple conversation avec quelqu’un puisse apporter quoi que ce soit. Ils disent souvent : « Si cela devient vraiment grave, je me ferai hospitaliser. » Mais une hospitalisation fait peur, alors ils la repoussent encore un peu. Ou bien ils se mettent à chercher des traitements très radicaux. Ils se font par exemple hospitaliser en Afrique du Sud, vont au Cambodge pour suivre une thérapie de purification, participent à des programmes de télévision, etc. Ils sont fermement convaincus que cela fera d’eux une personne totalement différente. Un troisième obstacle est la peur de la thérapie. Les gens pensent que s’ils commencent une thérapie avec un psychologue ou un psychiatre, ils devront immédiatement arrêter. Ce n’est pas le cas. Ils ne sont pas obligés d’arrêter. Nous les accompagnons dans la réduction de leur consommation ou dans l’arrêt, s’ils le souhaitent. Ainsi, j’ai quelques personnes qui continuent à consommer et qui trouvent néanmoins utile de venir de temps en temps s’entretenir avec moi. »

La consommation de substances peut donc aussi rester dans certaines limites ?

« Oui, et certaines personnes y parviennent, y compris avec des drogues illégales. Mais lorsque leur consommation leur cause des problèmes, nous devons éviter que la situation ne s’aggrave. »


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