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Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 1

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 1

La position unique du médecin généraliste

Le médecin généraliste occupe une position exceptionnelle dans le domaine des soins et de l’aide. Généraliste ou omnipraticien : le mot le dit déjà. Nous savons un peu de tout, mais jamais tout sur quelque chose, contrairement aux spécialistes, qui savent tout sur quelque chose et, malheureusement, souvent rien sur le reste. En tant que médecins généralistes, nous traitons des patients de tous les âges, du bébé à la personne âgée, de tous les genres et de tous les sexes, de toutes les couleurs et de toutes les formes d’expression linguistique. Tout le monde est le bienvenu.

Nous accompagnons nos familles du berceau à la tombe. Le seuil est bas et le médecin généraliste est proche. J’essaie progressivement de m’adapter à la grande diversité du public quotidien qui fait appel à moi en plein centre de la capitale et qui occupe souvent une position modeste dans la société. L’usage de substances et l’addiction font tout simplement partie de la vie quotidienne.

Pour les usagers, nous avons, en tant que médecins généralistes, le grand avantage de pouvoir couvrir plusieurs domaines à la fois : le médical, le social, le psychique et, ne l’oublions pas, l’administratif, qui devient malheureusement de plus en plus complexe. Nous sommes ainsi un peu l’araignée au centre de sa toile.

Cette position offre au médecin généraliste de nombreuses possibilités d’agir avec la personne dépendante qui demande de l’aide, bien au-delà de l’addiction proprement dite, surtout dans les situations complexes comme celles de nombreux usagers de substances que j’ai vus défiler au fil des années. En première ligne, je peux répondre rapidement et sans complications à une demande d’aide et, si nécessaire, mettre en place un traitement médical, voire psychiatrique, afin de tenter de répondre aux besoins les plus urgents.

Lorsque cela fonctionne, un engagement réciproque s’installe. On se revoit régulièrement, dans le cas des patients chroniques. Cela donne l’occasion d’examiner toutes sortes de problèmes supplémentaires, d’exclure d’autres diagnostics et aussi de les guider dans le dédale des structures qui se sont développées dans notre pays et qui fournissent souvent de bons services, à condition de parvenir à y accéder.

Cela ne dit pas encore ce qui est spécifique aux soins destinés aux usagers de substances, car, en réalité, ce qui précède vaut pour tout patient. Comme pour tout le monde, nous partons de la question, ou plutôt de la raison, pour laquelle cette personne s’adresse à moi et vient me consulter en tant que médecin généraliste. Qu’est-ce qui l’a poussée à le faire ?


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