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Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 3

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 3

Réduction des risques

Toutes sortes de germes peuvent se transmettre par le partage de seringues d’injection. On peut prévenir cela en mettant du matériel à usage unique à disposition et en respectant des normes d’hygiène strictes. C’est un exemple de stratégie de réduction des risques. Cela signifie littéralement réduire les risques : essayer d’éliminer les dangers et les inconvénients dans l’attente que l’addiction cesse.

Le terme généralement utilisé en anglais est Harm Reduction, où Harm signifie danger ou dommage potentiel. Il ne s’agit pas d’un simple slogan ni d’une philosophie coupée des réalités, mais d’une stratégie fondée sur des données scientifiques, qui est de plus en plus reconnue au niveau international comme un objectif en soi dans le cadre de la politique commune en matière de drogues.

Il existe également une organisation appelée Harm Reduction International, qui gère un site internet et fait chaque année le point de la situation dans son flagship report bisannuel, dans lequel elle dresse l’état des lieux des progrès réalisés : The Global State of Harm Reduction. À partir d’indicateurs tels que le nombre de lieux où les usagers peuvent consommer dans des conditions d’hygiène adéquates, les programmes d’échange de seringues et d’aiguilles, ainsi que l’intégration d’objectifs de Harm Reduction dans les documents politiques nationaux, on peut voir quelle est la situation dans chaque pays.

Des médecins, des universitaires, des juristes et des militants ont uni leurs forces afin de recueillir des données sur les moyens dont nous disposons pour prévenir et réduire les dommages liés à l’usage de drogues. Selon le rapport le plus récent de 2018, ainsi qu’une mise à jour de celui-ci en 2019, nous ne progressons plus, collectivement, sur cette planète. La diffusion des projets de Harm Reduction s’est en quelque sorte arrêtée, ce qui est plutôt regrettable.

Depuis 2018, le nombre total de pays disposant de dispositifs de mise à disposition de seringues et d’aiguilles n’a augmenté que d’une unité, passant de 86 à 87. La Bulgarie et la Sierra Leone ont rejoint la liste, mais l’Ouganda en a disparu. Au Portugal et en Ukraine, en revanche, des avancées intéressantes ont été réalisées. De moins bonnes nouvelles sont venues d’Irlande, d’Écosse et des États-Unis d’Amérique, où la Harm Reduction est mal considérée et où l’on continue à miser sur la répression et le maintien de l’ordre.

Dans l’Union européenne, une stratégie en matière de drogues a été adoptée pour la période 2013-2020. Pour la première fois, elle faisait de la « réduction des risques et des dommages sanitaires et sociaux causés par les drogues » un objectif à part entière, aux côtés des deux objectifs traditionnels : « réduction de la demande et de l’offre ».


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