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Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 5

Le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge des problèmes liés à l’usage de substances : partie 5

Effet immédiat

Le traitement de substitution à la méthadone s’intègre parfaitement dans la stratégie de réduction des risques et produit un effet immédiat. On est surpris de constater à quel point celui-ci est rapide. L’usager dépendant dispose immédiatement d’une substance pure et propre, bon marché, fiable, sûre, légale et dont la concentration est connue, sans mélange avec toutes sortes d’autres substances, comme c’est si souvent le cas avec les produits clandestins qu’il achète sur le marché noir.

Puisqu’il ne dépense plus son argent à cet effet, du temps se libère pour travailler à son intégration sociale et à un meilleur fonctionnement dans la vie quotidienne. Le budget familial s’en portera mieux et, probablement, la personne qui demande de l’aide se calmera et sera davantage disposée à envisager d’autres aspects d’une prise en charge globale.

Nous pouvons agir sur le plan de la prévention, par exemple en vaccinant contre l’hépatite, à un niveau purement médical. Nous pouvons également nous intéresser aux troubles psychiques qui ont peut-être joué un rôle dans le processus addictif, afin d’orienter la personne vers les soins de santé mentale et vers la forme d’aide qui offre les meilleures chances de réussite. C’est là qu’il faut s’attaquer au fond du problème. Malheureusement, dans la pratique, cela laisse souvent à désirer.

En tant que médecins généralistes, nous sommes directement accessibles, rapides et efficaces, mais avec une capacité d’attention limitée, car il y a généralement encore d’autres personnes qui attendent dans la salle d’attente. Tout le monde est en principe égal et mérite la même attention, mais nous devons répartir cette attention entre de nombreuses personnes.

Les patients sous méthadone qui font appel à nos services indiquent souvent qu’ils apprécient l’absence de stigmatisation chez nous et le fait d’être considérés comme des patients comme les autres. Cela contraste avec les structures de soins spécialisées dans l’usage et l’addiction, où ils se retrouvent entre eux et repartent avec le sentiment d’appartenir à une caste rejetée.

De plus, il existe le risque que, sur le trottoir et dans les salles d’attente des structures spécialisées dans les addictions, toutes sortes de transactions aient lieu qui gagneraient à ne pas voir la lumière du jour. Il faut évidemment une saine interaction entre les soins de première ligne et ces centres, qui, selon nous, relèvent de la deuxième ligne. Il ne s’agit pas pour autant d’en faire une question de principe.


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