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Méditation et substances psychoactives : réflexions

Méditation et substances psychoactives : réflexions

Aujourd’hui, nous entamons une nouvelle série d’articles consacrés à la méditation et aux substances psychoactives. Ces textes ont été écrits dans le cadre de mon nouveau livre sur l’Addiction, qui paraîtra prochainement. Ils ne figureront toutefois pas dans le livre lui-même, mais seront publiés exclusivement sur ce site ! Je vous en souhaite d’ores et déjà une excellente lecture et attends avec intérêt vos réactions !

À propos des usagers de substances

J’ai actuellement devant les yeux un modèle d’accompagnement qui remonte à mon engagement à l’époque du sida, dans les années quatre-vingt, lorsque cette maladie était encore taboue et surtout mortelle. J’ai ainsi participé à la mise en place du système des « buddies » pour les patients atteints du sida, en tant que président fondateur de l’association qui s’y consacrait. Ce fut, je dois le dire, une période extrêmement inspirante.

En ce qui concerne l’accompagnement des usagers de substances, qui nous occupe aujourd’hui, j’imaginais une approche fondée sur une fonction de buddy ou de coach. La personne en demande d’aide passe par un processus d’admission nécessitant deux entretiens, menés avec au moins deux d’entre nous, en l’occurrence les deux personnes disponibles le plus rapidement. Ces deux intervenants présentent ensuite leur rapport au groupe, et l’usager est admis ou non dans le programme.

À partir de ce moment, l’un d’entre nous devient son coach, assisté d’un co-coach qui agit davantage en arrière-plan. L’objectif est que les buddies ou coaches reçoivent une certaine formation dans ce domaine et apprennent surtout ce qu’ils ne doivent pas faire : faire la morale ou tenter de convertir. Tout commencera par une écoute attentive, non par des leçons sur la manière dont il faudrait vivre.

La matière première de ce que nous proposons est la méditation et la rencontre. La personne accompagnée bénéficie d’entretiens empreints de compréhension, d’un soutien émotionnel et d’une aide pratique, par exemple pour trouver un logement ou pour accéder aux services d’aide existants. Nous encouragerons toujours les usagers à recourir autant que possible aux soins et aux dispositifs d’accompagnement mis à leur disposition.

Très souvent, ils restent en dehors de ces dispositifs, probablement pour les mêmes raisons qui font que tant de consommateurs de drogues échappent à toute forme de prise en charge et finissent dans un isolement qui entretient précisément leur consommation. Notre intention est de les sortir de ce cercle vicieux, mais cela exige naturellement aussi de leur part des efforts et des choix.

Amener ces personnes à la méditation constitue en soi un véritable défi. Depuis toutes ces années, j’ai accompagné de très nombreux usagers qui sont passés par mon cabinet, et je suis convaincu que c’est précisément cette population qui est ouverte à une approche spirituelle des problèmes de l’existence, lesquels sont toujours présents. Rien ne changera généralement par miracle ; au contraire, il faudra un travail patient et persévérant avant que cette personne ne retrouve peu à peu la maîtrise de sa propre vie.


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