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1987 – La Création de The Foundation

1987 – La Création de The Foundation

Sensibilisation autour du VIH et du sida

Milieu des années quatre-vingt. En Flandre, l’Église catholique tient encore fermement les rênes. Conservatrice et étroite d’esprit. Comment communiquer alors sur une nouvelle maladie qui représente un risque pour tout le monde, touche principalement les homosexuels et se transmet par contact sexuel ? Cet article traite de la sensibilisation autour du sida en Flandre, avec comme étape importante ma participation à la fondation de The Foundation.

Le préservatif, la première campagne et le langage clair

Les premières années de l’épidémie de sida ont apporté leur lot de malentendus, comme l’idée qu’on pouvait attraper le sida par une piqûre de moustique ou en buvant dans le même verre qu’un patient atteint du sida. Quand il est devenu clair comment prévenir une infection par le VIH, le préservatif s’est retrouvé au centre de toutes les tensions. L’épidémie de sida a révélé un point sensible flamand : la pudibonderie et la morale catholique dépassée. Parler de l’usage du préservatif s’est avéré être un véritable défi.

Que les autorités dépensent de l’argent pour promouvoir le préservatif au moyen d’affiches, de dépliants et de brochures rendait probablement plus d’un prélat malade de dégoût. Nous devions agir pour nous débarrasser de cette vision étroite et de ces préjugés, et nous nous sommes engagés de plus en plus dans cette voie. Nous avons ainsi obtenu une certaine influence dans la campagne de la secrétaire d’État à la Santé publique, Wivina de Meester. En 1984, elle lança la campagne « Open je ogen voor aids ze sluit » (« Ouvre les yeux sur le sida avant qu’il ne les ferme »). Les projets initiaux étaient vagues, le mot préservatif ne pouvait pas être prononcé. Nous avons insisté pour utiliser un langage clair et direct, ce qui provoqua bien des sourcils froncés, mais cette communication concrète et explicite était nécessaire pour bien informer les gens. Petit à petit, des actions virent le jour où l’on distribuait des préservatifs, des émissions de télévision montrèrent très concrètement comment dérouler un préservatif sur un modèle de pénis… tout cela finit quand même par se mettre en place.

Les trois piliers de l’activisme

Les initiatives qui apparurent un peu partout en Flandre conduisirent rapidement à la création de trois mouvements importants, qui allaient avoir une grande influence et être reconnus par les autorités.

Il y eut tout d’abord De Aidstelefoon, cofondé notamment par l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers et un groupe d’activistes locaux de la lutte contre le sida. Cette ligne offrait une possibilité de discussion anonyme aux personnes ayant des questions sur le sida et les IST. Les personnes qui répondaient au téléphone étaient des bénévoles non rémunérés, qui faisaient cela par conviction.

Ensuite, il y eut Het Aidsteam, composé de membres du mouvement homosexuel. L’association vit le jour en 1987 et s’engagea activement à diffuser l’importance de l’usage du préservatif. Avec leur « bus du sida » décoré, ils parcouraient toute la Flandre pour distribuer de l’information et vanter le préservatif sous toutes les formes possibles.

Enfin, il y avait aussi The Foundation, une association dont j’ai participé à la création et qui, comme les deux autres, fut plus tard intégrée à Sensoa. L’objectif était de mettre sur pied un système de buddies pour les patients atteints du sida. L’idée venait des États-Unis. Les buddies étaient des bénévoles qui prenaient soin des patients : ils étaient soigneusement sélectionnés puis formés pour accompagner quelqu’un durant les dernières semaines ou les derniers mois de sa vie. Je trouvais cela un engagement extraordinaire, quelque chose que tout le monde n’est d’ailleurs pas capable d’assumer étant donné l’impact émotionnel que cela peut représenter. Pourtant, un nombre considérable de personnes l’ont fait, avec accompagnement et soutien.

Nous avons d’abord organisé à Bruxelles un gala de ballet qui a rapporté pas mal d’argent. Cela nous a ensuite permis d’obtenir des subsides du gouvernement flamand, à une condition : que nous nous engagions réellement dans un travail approfondi de sensibilisation. On appelait cela à l’époque GVO, l’éducation à la santé. Nous sommes alors allés parler dans des écoles avec de nombreux bénévoles, nous avons pris la parole à la BRT et sur VTM, nous avons rédigé des brochures… Nous avons fait énormément de bruit, pour ainsi dire. Nous voulions à tout prix sensibiliser tout le monde au virus et à la maladie et transmettre un message essentiel : il ne s’agit pas d’une personne, mais du comportement de quelqu’un.

Domaines sur lesquels l’épidémie de sida a eu une grande influence :

Communication avec les patients

Droits des patients

Accessibilité, coût et qualité des soins

Émancipation

Accompagnement de la fin de vie dans les soins

L’opposition entre cure et care : les soins durs contre les soins humains.

Liens utiles

Le site de Sensoa, centre d’expertise flamand pour la santé sexuelle. Consulté le 4/12/2023.

Le site (néerlandais) de l’Aidsfonds. Consulté le 4/12/2023.

Une brochure utile sur le déroulement de l’épidémie de sida. Consultée le 4/12/2023.


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